Bernés par des drapeaux.
La vertu de l’échec, c’est parfois de provoquer la réflexion, de chercher les raisons de celui-ci, mais à l’UMP, ce n’est pas nouveau, l’enfer c’est les autres (Jean-Louis Sartre ?)
C’est donc sur la présence de drapeaux étrangers, hier soir à la Bastille que les leaders de la droite populaire (populiste?) ont passé leur colère.
Ces quelques drapeaux étrangers seraient selon eux, le signe d’une France prisonnière du communautarisme…
D’une jeunesse dangereuse qui n’attend que le droit de vote pour mettre ce pays à feu et à sang (droit de vote que la majorité des personnes présentes hier possède bien entendu déjà).
Le sentiment d’appartenance à une nation serait donc indivisible, manichéen, certes rien de nouveau sous le ciel bleu marine (“la France tu l’aimes ou tu la quittes”).
Mais n’est-il pas possible d’envisager la citoyenneté autrement ? Une partie de ces jeunes porteurs de drapeaux présent hier était bi-nationaux.
Adminisitrativement parlant pour certains, sentimentalement parlant pour quasiment tous !
Ils aiment l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la France, sans avoir cessé d’aimer l’un quand l’administration les a fait citoyens de l’autre.
Ces citoyens là ont deux parents, la France et leur pays d’origine et pour aimer l’un, nul n’est besoin de renier l’autre, on peut être fier de ses origines, sans détester sa nouvelle citoyenneté.
Leur simple présence à la Bastille devrait suffire à écarter ce doute. L’engouement avec lequel ils chantaient, à mes côtés l’hymne national, en est la preuve éclatante.
N’en déplaise à Morano et ses amis, ce sont ces discours anti-républicains et xénophobes, qui ont fait perdre l’UMP hier soir, alors surtout ne changez rien, les citoyens se chargeront de vous le rappeller encore le mois prochain, aux législatives !



