Bernés par des drapeaux.

La vertu de l’échec, c’est parfois de provoquer la réflexion, de chercher les raisons de celui-ci, mais à l’UMP, ce n’est pas nouveau, l’enfer c’est les autres (Jean-Louis Sartre ?)

C’est donc sur la présence de drapeaux étrangers, hier soir à la Bastille que les leaders de la droite populaire (populiste?) ont passé leur colère.

Ces quelques drapeaux étrangers seraient selon eux, le signe d’une France prisonnière du communautarisme…

D’une jeunesse dangereuse qui n’attend que le droit de vote pour mettre ce pays à feu et à sang (droit de vote que la majorité des personnes présentes hier possède bien entendu déjà).

Le sentiment d’appartenance à une nation serait donc indivisible, manichéen, certes rien de nouveau sous le ciel bleu marine (“la France tu l’aimes ou tu la quittes”).

Mais n’est-il pas possible d’envisager la citoyenneté autrement ? Une partie de ces jeunes porteurs de drapeaux présent hier était bi-nationaux.

Adminisitrativement parlant pour certains, sentimentalement parlant pour quasiment tous !

Ils aiment l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la France, sans avoir cessé d’aimer l’un quand l’administration les a fait citoyens de l’autre.

Ces citoyens là ont deux parents, la France et leur pays d’origine et pour aimer l’un, nul n’est besoin de renier l’autre, on peut être fier de ses origines, sans détester sa nouvelle citoyenneté.

Leur simple présence à la Bastille devrait suffire à écarter ce doute. L’engouement avec lequel ils chantaient, à mes côtés l’hymne national, en est la preuve éclatante.

N’en déplaise à Morano et ses amis, ce sont ces discours anti-républicains et xénophobes, qui ont fait perdre l’UMP hier soir, alors surtout ne changez rien, les citoyens se chargeront de vous le rappeller encore le mois prochain, aux législatives !

Et si on inversait les rôles ?

Ça y est, à 63 jours du premier tour des présidentielles, tous les candidats sont déclarés. Je n’attendais pas vraiment impatiemment la déclaration du petit dernier, mais symboliquement, tous les candidats «crédibles» sont désormais sur la ligne de départ.

Reste donc à faire un choix. J’ai déjà essayé mille fois de lire, relire, écouter, analyser les discours des candidats qui pourraient être l’objet de mon choix.

Une chose est certaine, aucun ne m’a complètement convaincu (pour résumer, j’aimerai un mix Hollande/Joly/Mélenchon)

De ce fait, je souhaitais essayer cette fois-ci, de faire le travail inverse.

Pourquoi ne pas, poser à l’écrit, ce que j’attends personnellement d’un président de la république et plus généralement mes souhaits pour la France.

Je ne sais pas ou cela me mènera, ni ce sera utile à moi ou à d’autres pour faire leur choix, mais ne dit-on pas, qui ne tente rien n’a rien ?

Alors allons y (les catégories sont emprunté au superbe projet Voxe).

Économie et Emploi

  • L’économie mondiale marche sur la tête, le capitalisme outrancier à montré ses limites. La crise grecque est malheureusement, très probablement la première d’un longue série… De ce fait j’attend du futur président qu’il s’oppose très fermement aux abus de la finance (spéculation sur la dette souveraines des pays, multiplication des plans d’austérité)…

  • Il faut prendre l’argent là ou il est. Taxer beaucoup plus fort les revenus des capitaux. Stopper immédiatement l’injustice de la régressivité du système fiscal) pour au contraire, taxer plus fort les plus riches.

  • Je ne suis pas convaincu par les idées de salaire maximum (je dirais même que l’idée de devenir riche est une motivation pas plus condamnable qu’une autre), par contre un PDG gagnant plusieurs millions par an doit participer à l’effort collectif sous forme d’impôts TRÈS forts, même s’il quitte la France (d’autres pays le font, comme les États-unis). Pour résumer, je préfère mille fois une augmentation conséquente du salaire minimum à un plafonnement du salaire maximum.

  • Plafonner les déductions fiscale afin d’empêcher le cumul des niches fiscales et le business qui en est fait (Seules les très grandes entreprises ont les moyens de payer une armée de comptables aptes à trouver le moindre échappatoire à l’impôt).

  • Stopper l’humiliation des chômeurs et bénéficiaires des aides sociales (Plus d’un bénéficiaire potentiel sur trois ne demande pas le RSA pour ne pas être identifié à un «assisté» (article Mediapart payant).

  • Profiter du savoir faire français pour relancer l’emploi dans les secteurs où la France excelle (j’y reviendrais).

Politique étrangère

  • Les thèmes se croisent parfois, le défi principal de la politique étrangère du président à venir sera de faire front aux inepties de la finance actuelle.

  • La question de la gestion des crises étrangères (Syrie…) étant très compliquée, je ne m’y risquerai pas ici. La limite entre intervention nécessaire et ingérence est parfois bien ténue…

Éducation et Recherche

  • L’éducation française va mal, pourtant l’on peut bien être de n’importe quel bord politique, une chose est certaine, les enfants d’aujourd’hui seront le moteur de la France de demain. Sacrifier l’éducation sur l’autel des économies est donc d’une bêtise innommable. La France doit se donner les moyens à la fois financiers et structurels de relancer son éducation ( augmenter l’aide aux élèves en difficulté, RASED… ), augmenter les interactions entre l’école et le monde de l’entreprise ( en favorisant l’alternance, pas les stages non-rémunérés ou les étudiants deviennent les larbin de l’entreprise ), proposer des solutions aux étudiants désireux de vite sortir du «système» scolaire (oui il y a un futur à l’extérieur du sacro-saint Bac S).

  • Intensifier la recherche dans les domaines ou la recherche française est reconnue à l’étranger (je pense notamment aux mathématiques, au numérique et à la biologie, mais j’en oublie probablement…)

Numérique, culture et médias

  • Le numérique doit être vu comme une chance. La France n’a rien à envier aux autres pays du monde dans ce domaine (Free, Pixmania, Dailymotion, Deezer, Vente Privée…) et pourrait profiter d’opportunités énormes si elle commençait à voir dans le numérique une chance et non un ennemi (ce qui demandera forcément de faire face aux lobbies de la culture, du disque, du cinéma et du livre).

  • La façon de consommer les biens culturels à changée et rien ni personne ne stoppera cette révolution. Alors acceptons la et essayons de construire les grands vecteurs de culture, de média de demain au lieu de les affronter !

  • Les médias français, et en particulier la presse vont mal. L’accointance entre les grand lobbies, le monde politique et la presse lui ont fait bien du tort. La France ne cesse de chuter aux classements édités chaque année par Reporter sans Frontières tellement les poursuites engagées contre des journalistes se sont multiplié ces dernières années. Les affaires d’espionnage de journaliste (fadettes) et de vols dans les locaux d’agence de presse n’arrangent rien. Cette dégradation doit cesser.

Europe

  • Je suis un européen convaincu. J’attends donc du président à venir qu’il le soit aussi. Toutefois il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie. L’Europe que j’aime c’est celle de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pas celle qui mène une politique économique intenable contre la Grèce. L’Europe que j’aime c’est celle qui condamne la France pour la vétusté de ses prisons. Celle qui à forcé la France à largement améliorer les conditions de la garde à vue (présence de l’avocat, droit de garder le silence…) et qui l’améliorera encore (accès au dossier…).

  • L’Europe doit cesser d’être dirigée par deux pays, on l’a voulue nombreuse, à nous de la gérer comme telle aujourd’hui.

Justice, sécurité et défense

  • J’ai déjà parlé de la justice précédemment mais la France doit se donner les moyens de rendre une meilleure justice. Les délais actuels sont trop longs, la suppression des TGI à aggravé la situation. Le budget de la Justice est largement amputé par le budget consacré à la prison (qui elle aussi a bien besoin de neuf).

  • La pression exercée par l’état sur certaines instance de la justice et les accointances de celui-ci avec certaines cours (Nanterre…) ne sont pas digne de notre pays.

  • La sécurité est un droit, considérer que la lutte contre l’insécurité est forcement une mesure de droite serait une grave erreur. Par contre la façon de faire, doit changer. Les policiers et gendarmes français sont détestés, pas seulement en banlieue mais par une large majorité de la population. Ils doivent redevenir un support sur lequel le citoyen peut s’appuyer en cas de problème, et pas une crainte. Le retour à une police de proximité (sous ce nom ou sous un autre) est indispensable.

Environnement et agriculture

  • Ce n’est pas le sujet sur lequel je suis le plus à l’aise. Simplement là ou le nucléaire était une solution il y a 50 ans (le charbon était encore plus polluant, plus meurtrier…), il est clairement devenu un gros problème aujourd’hui (et probablement un plus gros encore demain). La France doit donc faire en sorte de développer la part de l’énergie renouvelable dans sa production, tout en conservant une indépendance énergétique importante (permettant des prix inférieurs à ceux des pays importateurs d’énergie).

Société immigration et famille

  • J’ai déjà parler d’immigration un peu plus tôt. La France à toujours été une terre d’accueil, elle doit le rester. L’immigration est une chance et contrairement à tous les discours identitaires que l’on peut entendre, elle rapporte plus d’argent à la France qu’elle ne lui en coute ! (rapport sur l’immigration)

  • Stop aux idioties sur les étudiants étrangers.

  • Parmi les questions de société, deux sont particulièrement à l’ordre du jour les droits des homosexuels et le problème de l’euthanasie. Là encore «l’issue» ne fait aucun doute, dans 20, 30, 40 ans, les homosexuels se marieront, adopteront ; les mourants à la situation irréversible auront le droit à une mort digne (évidement largement encadrée), alors ne trainons pas et cette fois, soyons en avance !

Services publics et territoires

  • Les privatisations à outrance doivent cesser, l’état doit conserver la main sur les entreprises telles que EDF, La poste…

  • Les atteintes au droit de grève doivent être supprimées et le dialogue avec les organisations syndicales renforcé.

Solidarité, santé et logement

  • Le droit au logement, promis depuis des lustres, doit-être appliqué. Le manque de logements sociaux dans les villes ne respectant pas la loi, en particulier dans les zones où le besoin est important doit être très sévèrement puni.

  • L’hôpital public français va mal, et se soigner correctement est de plus en plus cher. Le modèle de santé français doit être sauvé. L’hôpital doit être géré comme un service public, pas comme une entreprise.

Constitution et institutions

  • Le cumul des mandats doit être largement réduit, si ce n’est interdit.
  • Le droit de vote doit être accordé aux étrangers extra-communautaires aux élections locales.
  • Le chef de l’état ne dois pas être l’omniprésident, la séparation des rôles (président, premier ministre, députés, sénateur) doit être respectée.

Conclusion

Résultat de l’exercice, je ne sais toujours pas quel bulletin je glisserai dans l’urne le moment venu mais j’y vois un peu plus clair.

Putain 173 jours…

173 jours, c’est ce qu’il va falloir patienter pour au soir du 6 mai 2012, connaître le nouveau président français.

En attendant, à droite, même sans candidat déclaré, on est déjà en campagne ; et quand je vois ce qu’ils nous réservent, à environ six mois de l’échéance, je prends peur.

Nous sommes le 15 novembre 2011 et aujourd’hui, dans une journée comme une autre, de 24 heures ou 1440 minutes ou 86400 secondes, on a réussi à nous annoncer :

Tout celà en seulement une journée, une petite et malheureuse journée. Pourtant, demain il restera encore 172 jours de campagne présidentielle, espérons qu’ils ne nous réservent pas tous autant de mauvaises surprises… Car le problème avec l’UMP, c’est que comme le dit Bruno Donnet dans sa « petite semaine » sur Canal+, il en va des annonces absurdes comme des jours de la semaine et que « quand on croit que c’est fini, le problème, c’est que ça recommence ».

Putain 172 jours…

Ce sera donc Hollande.

Ça y est, ce nouvel exercice pour la démocratie française que représentait les primaires citoyennes a livré son verdict. C’est donc François Hollande qui sera le candidat du Parti Socialiste pour l’élection présidentielle de 2012. C’est lui qui mènera, pendant les prochains mois la campagne contre la droite et l’extrême droite.

En ce sens, c’est une bonne nouvelle, François Hollande était semble t-il le candidat que la droite craignait le plus. Celui sur lequel, elle aura le moins de boules puantes à lancer dans les prochains mois. Car cela ne fait malheureusement aucun doute, cette campagne sera dure et sale. Espérons que le PS, sur la lancée des primaires saura rester loin de ces débats de comptoirs et continuera à lui préférer le débat des idées.

Car contrairement aux discours de la droite et à la situation de 2007, cette fois-ci, la gauche à un programme, sérieux, complet. Si le débat se fait sur le terrain des idées la gauche gagnera, cela ne fait aucun doute. La droite n’a tenu aucune de ses promesses de 2007, elle ne cesse de se cacher derrière l’argument de la crise. Argumentaire que la gauche ne devrait pas avoir de mal à démonter. La droite n’a en effet, eu de cesse d’augmenter les dépenses publiques (et plus que tous les gouvernements précédents) tout en affichant un train de vie de millionnaire.

Mais la droite ne sera malheureusement pas le seul danger de cette campagne. François Hollande va devoir non seulement faire l’union du PS et sur ce point, je pense qu’il y parviendra, mais aussi l’union des gauches, ce qui me semble bien plus compliqué.

L’écosystème parisien dans lequel je vis n’est peut-être pas représentatif au plan national, mais j’ai l’impression qu’au soir du 1er tour de l’élection présidentielle, le 22 avril 2012, le parti Europe Écologie les Verts pourrait bien faire un excellent score. C’est une bonne nouvelle, la question écologique est tous les jours plus pressante et sa représentation dans la politique nationale doit augmenter. Malheureusement, le mode de scrutin actuel pourrait bien une nouvelle fois handicaper le PS en cas de bons scores d’EELV et des partis à gauche du PS au premier tour des présidentielles de 2012 (le jugement majoritaire ne poserait pas ce problème mais malheureusement il n’est pas encore à l’ordre du jour).

Le ras-le-bol actuellement ressenti par la population dans son ensemble me laisse penser qu’il ne fait quasiment aucun doute qu’au soir du premier tour, les bulletins de la gauche seront à l’heure du dépouillement, plus nombreux que ceux de droite. Ma crainte vient par contre, vous l’aurez compris de la répartition de ces voix, j’espère que l’on ne se retrouvera pas au soir du 22 avril 2011, avec quelque chose comme :

  • Marine le Pen : 17 %
  • Nicolas Sarkozy : 20%
  • François Bayrou : 14%
  • François Hollande : 16%
  • EELV : 12 %
  • Mélanchon : 8%
  • Arthaud, Poutou, Chevènement, Lepage, Boutin, Nihous, Dupont Aignan et les autres se partageant le reste des voix.

Je n’ose y penser, mais plus qu’une défaite au second tour face à Nicolas Sarkozy, c’est bien là ma crainte, une forte division entre le PS et les autres candidats de gauche pourrait créer une situation très embarrassante.

Ce sera donc là le rôle de François Hollande ces prochains mois, convaincre à gauche du PS et convaincre ceux qui hésitent encore entre le PS et EELV pour le premier tour des élections présidentielles. Espérons qu’il y parviendra.

Primaires citoyennes, l’heure du bilan.

Voilà, les trois débats pour les primaires socialistes citoyennes sont passés. Pourtant, tout n’est pas encore bien clair dans mon esprit. Essayons donc ensemble de faire le tri entre le bon et le moins bon.

Premièrement, je félicite le PS pour l’exercice, même si les médias se sont parfois fait un malin plaisir de critiquer le manque de virulence des candidats, dans le fond j’ai trouvé la part de tronc commun et la part de différence assez bien géré. Le PS à bien un programme commun + des nuances par candidat.

Bref, venons en au côté problématique, les débats sont passés, nous sommes à quatre jours du vote et je n’ai toujours pas fait mon choix. Pourtant, c’est certain j’irai voter. Tout simplement parce que je crois aux valeurs de la gauche et qu’à défaut de candidat parfait, je veux mettre toutes les chances de notre côté pour éviter un nouveau quinquennat sarkozyste.

Avant les primaires et avant d’avoir réellement bien lu les programmes de chacun, c’est Hollande qui avait ma préférence. Suivi de Aubry et Montebourg au coude à coude, les trois autres étant loin derrière.

Quelques semaines plus tard, la donne a changée.

Certes, les trois distancés sont toujours loin derrière, Baylet est trop brouillon, Valls et ses discours sécuritaires et défaitistes confirme que le parti SOCIALISTE n’a parfois de socialiste que le nom… Et Royal voit sa campagne catastrophique de 2007 comme un atout et s’échappe dans une série de “Moi Je” dès qu’une question de fond lui est posée.

Pour les trois autres, mon opinion a plus évoluée. Hollande m’inquiète, sa prise de position tardive sur le cumul des mandats suivie d’une demi-proposition pour l’horizon 2014 ont entamé ma confiance. Sa volonté de ne pas abroger la loi Hadopi a finie de me convaincre que certains éléphants étaient peut-être un peu trop vieux et/ou mal entourés pour comprendre les réalités d’un monde qui change !

Aubry partait avec un léger désavantage, son attitude à l’égard de la presse m’a toujours agacé. La presse française à besoin de soutien, pas de coups de bâtons ! (j’en profite pour féliciter encore une fois le travail accompli par Médiapart ces derniers mois ! ). D’un autre côté, ses mesures sont claires, son programme est complet, lisible et me parle. Elle à également montré, comme sur la loi hadopi, qu’elle sait s’entourer de bonnes personnes (Christian Paul, Patrick Bloche…) lorsqu’un sujet la dépasse, c’est tout à son honneur. De plus, la fin du cumul des mandats est pour elle un cheval de bataille de longue date ! À côté de ça, sa candidature “forcée” suite à l’affaire DSK et ses difficultés dans l’exercice du débat ont légèrement entamé sa crédibilité.

Reste Montebourg, lui a clairement gagné des points dans mon esprit au cours de ses débats. Son discours me parle, sa volonté de régulation d’un système financier devenu fou aussi. Contrairement à certains hurluberlus d’extrême gauche, il ne tombe pas non plus dans la démesure, les soutiens aux dictateurs d’Amérique du Sud et autres idioties du genre (n’est-ce pas monsieur Mélenchon…).

Mais Montebourg à peur de l’Europe, il rappelle régulièrement, aujourd’hui encore, qu’il avait appelé à voter NON au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005.

Moi je suis convaincu par l’Europe, c’est elle qui à fait condamner la France pour sa garde à vue inconstitutionnelle, qui a accordé aux avocats des moyens leurs permettant enfin d’éxercer leur métier dans de bonnes conditions (accès au dossier…). C’est encore elle qui garantie le non-retour de la peine de mort dans ses états-membres. C’est elle toujours, qui a pointé du doigt le comportement de notre gouvernement lorsque celui-ci a lancé sa machine à effrayer en faisant de la population Rom sa victime préférée (après l’homme africain, le chômeur et le fonctionnaire…) Du coup, j’hésite…

Au final, ces débats auront confirmé mon inimitié pour Valls, Baylet et Royal. Ils auront également mis en lumière les défauts de Hollande. Reste donc, à départager Aubry et Montebourg… J’ai quatre jours pour lire et relire leurs programmes respectifs et me faire un avis définitif.

Et vous, votre choix est fait ?

Mon avis sur l’affaire DSK.

N.B. : Toutes les sources ayant permis la rédaction de cet article sont disponibles à la fin du présent article.

Pas facile de donner un avis sur une affaire ayant déjà fait couler autant d’encre (numérique ou non).

Pourtant, chaque fois que le sujet revient lors d’une conversation informelle entre amis, j’ai l’impression de ne pas être capable d’expliquer ma position faute de temps, d’exemples précis…

Cet article sera donc pour moi le moyen de synthétiser mon avis sur la question et de fournir aux plus curieux un moyen d’accéder à un avis plus structuré.

La justice des riches.

Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

La crainte d’une justice des riches face à la justice des pauvres est un argument vieux comme le monde et même s’il existe de la place pour des tonnes d’améliorations dans l’égalité face à la justice, il est également de coutume d’utiliser l’argument à tord et à travers.

Dans l’affaire DSK, c’est la sortie de l’établissement carcéral de Rickers Island qui a fait se soulever les foules. ⁃ Le riche DSK, devenait « libre » en attendant son jugement, soit disant grâce à son argent.

Deux points méritent alors une explication :

Primo, la justice américaine n’a JAMAIS demandé aux avocats de DSK une caution d’un million de dollar ainsi qu’un dépôt de garantie de cinq millions.

La justice américaine a demandé aux avocats de DSK de fournir les conditions nécessaires et suffisantes afin de s’assurer que DSK puisse être jugé (En raccourci, la justice américaine échaudée par l’affaire Polanski, demande la garantie qu’il ne quitterait pas le territoire américain).

La fortune de DSK étant ce qu’elle est, les avocats étaient tenus de prouver la bonne foi de leur client en fournissant des garanties déraisonnables pour le commun des mortels, mais un smicard local qui aurait fourni des garanties permettant de s’assurer de la tenu de son procès aurait bénéficié du même jugement, sans devoir débourser des millions de dollars.

Secondo, Au moment de la polémique sur sa sortie de prison, DSK était innocent (puisque non déclaré coupable, ce qu’il ne sera d’ailleurs pas, mais peu importe). Il était donc, pendant son séjour à Rickers Island, en détention provisoire.

La détention provisoire, est rappelons-le censé être une mesure exceptionnelle, largement contrôlée et qui vise, à s’assurer que le coupable ne va pas fuir, qu’il ne pourra pas renouveler son infraction, manipuler les preuves, les témoins…

La justice américaine ayant été rassurée sur ce point par la caution fournie et par l’assignation à résidence, il n’existait aucune raison valable de conserver DSK en détention provisoire (pas même pour offrir au commun des mortels le plaisir de voir un puissant derrière les barreaux).

La France, dont 26 % des détenus actuels, sont présumés innocents, serait très mal venue, de se poser ici, en donneuse de leçons… La justice américaine a sur ce point, bien mieux fonctionné que la justice française !

La présomption d’innocence et le respect des parties.

Vous n’avez pas eu un mot pour la victime, pourtant, la présomption d’innocence ne doit pas nous faire oublier le calvaire de cette femme de chambre.

Cette phrase, entendue mille fois par tous ceux ayant eu l’outrecuidance de défendre DSK est d’une idiotie sans nom !

Premièrement si vraiment les auteurs de ce genre de diatribes étaient attachées à la présomption d’innocence, ils ne parleraient pas de victime, mais de plaignante. L’affaire n’étant pas encore jugée au moment des déclarations, il n’y a ni coupable, ni victime, mais un accusé et une plaignante. Enfin recevoir des notions de respect de journaux parlant de « la femme de chambre », plutôt que de Nafissatou Diallo, je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait doucement rire…

Alors, oui on peut mettre en doute la culpabilité de DSK sans forcément avoir un mot pour la plaignante sans lui manquer de respect, de la même façon que ceux qui défendent Nafissatou Diallo n’avaient pas obligation d’avoir un petit mot pour DSK (peut-être accusé à tort) au début de leurs exposés.

S’il est plus que normal de s’offenser devant les réflexions de certaines personnes cherchant à minimiser les faits reprochés à DSK (« Il n’y a pas mort d’homme » de Jack Lang, le « troussage de domestiques » de J.F. Kahn… sont des sorties scandaleuses !), je n’ai absolument rien à reprocher à ceux qui comme R. Badinter dans cette fameuse soirée spéciale sur France Télévision ont simplement fait part de leurs doutes sur la culpabilité de DSK.

Tout noir ou tout blanc

La justice n’a pas peur plus grande que de condamner un innocent. C’est tout à son honneur. La justice américaine parle de « No reasonnable doubt », pour expliquer les conditions nécessaires pour que le jury déclare un accusé coupable.

Plus précisément :

  1. Si les jurés croient la déposition de l’accusé, ils doivent acquitter ;
  2. Même s’ils ne croient pas la déposition de l’accusé, mais ont un doute raisonnable, ils doivent acquitter ;
  3. Même s’ils n’ont pas de doute à la suite de la déposition de l’accusé, ils doivent encore se demander s’ils sont convaincus hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de l’accusé, en vertu du reste de la preuve qu’ils ont acceptée.

Alors, oui ces règles créent une situation compliquée ou la plaignante se voit questionner 10 fois, 100 fois, sur la chronologie des faits, sur l’agencement des lieux, sur son passé… Dans le cas qui nous intéresse, la vie de Natifassou Diallo a été épluchée, et la consommation de drogues, la découverte d’un mensonge antérieur concernant déjà une affaire de viol, ou un coup de téléphone à une personne digne de peu de confiance dans lequel elle parle de se faire beaucoup d’argent ont considérablement fragilisé sa position.

Cette situation est d’autant plus compliquée que ces mensonges et/ou oublis peuvent tout à fait avoir été causés par les chocs post-traumatiques d’un viol. Auquel cas ces fausses déclarations ne changeraient rien à la culpabilité de Dominique Strauss Kahn. Si viol il y a eu, le plaignante peut bien être mythomane, droguée et que sais-je encore, l’accusé doit être déclaré coupable. La justice américaine, même si elle condamne le mensonge plus fermement que son équivalent français, jamais ne dit l’inverse.

Seulement, si les preuves médicales et matérielles ne suffisent pas à prouver la culpabilité de l’accusé, les mensonges et approximations de la plaignante auront forcément pour conséquence d’instaurer ce fameux doute, censé empêcher un jury de déclarer l’accusé coupable.

Et c’est justement ce qui s’est passé dans ce cas, puisque les examens effectués par deux experts médicaux sur la personne de Natifassou Diallo, ont tous les deux donné les mêmes conclusions. Pas de traumatismes sur, je cite : « le corps ou la cavité orale » ainsi « qu’une rougeur pouvant avoir été causée par la façon dont la plaignante affirme avoir été saisie », mais qui viendrait plus probablement « d’un traumatisme, friction, irritation ou inflammation ».

Au vu de ses (non-)preuves, le procureur n’avait donc d’autre choix que d’abandonner les poursuites contre DSK. Cela ne fait pas de Natifassou Diallo une menteuse sur ce cas, Le procureur ne l’a pas déclarée coupable d’avoir dénoncé un faux viol. Il a simplement expliqué que l’absence de preuves, ajoutée aux précédents mensonges de la plaignante ne permettraient pas à un juré de déclarer DSK coupable de ce crime au-delà du doute raisonnable.

D’ailleurs, DSK étant français et l’affaire n’étant pas considérée comme jugée définitivement (jugement d’innocence ou de culpabilité), Natifassou Diallo peut tout à fait porter plainte sur les mêmes motifs en France, et l’affaire y serait rejugée.

Pour conclure, même s’il reste forcément des progrès à faire, la justice américaine ne semble pas avoir été particulièrement défaillante lors de ce procès.

Sources de cet article :

Le document original de motion dismiss et sa traduction par rue 89 : http://www.rue89.com/2011/08/23/abandon-des-poursuites-contre-dsk-le-document-en-francais-218883

Maitre Eolas : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/05/16/De-quelques-aspects-juridiques-de-l-affaire-DSK et http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/05/22/Commentaire-d-un-juriste-sur-la-couverture-m%C3%A9diatique-de-l-affaire-DSK

Le Monde : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/26/prisons-silence-on-entasse_1552734_3232.html

Les actualités du droit : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/tag/dsk

KozToujours: http://www.koztoujours.fr/?p=12201

La plume d’Aliocha : http://laplumedaliocha.wordpress.com/page/2/

Diner’s Room : http://dinersroom.eu/6209/reasonable-doubt-mon-amour/

Blog Mediapart de Muriel Salmona : http://blogs.mediapart.fr/blog/muriel-salmona/040711/la-nausee

Libération : http://www.liberation.fr/monde/01012355672-affaire-dsk-des-poursuites-penales-en-france-sont-possibles

Armée, cités et sondages pipeautés

France Soir publie ce Vendredi 10 Juin 2011 sa “UNE” choc, destinée à démontrer que les Français ont peur, que l’insécurité gagne du terrain, qu’ils ne voient plus qu’un seul recours pour résoudre les problèmes des cités : l’armée.

Le journal s’appuie sur un sondage IFOP pour étayer sa thèse or leur gros titre : “l’armée dans les cités, les français disent oui” est basé sur une interprétation très partisane des résultats de l’enquête d’opinion.

Le sentiment d’insécurité grandissant

La première question du sondage permet de se rendre compte que le sentiment d’insécurité a grandi en France.

On distingue deux formes de délinquance dans notre pays : la délinquance violente (physique) et la délinquance financière (abus de biens sociaux, blanchiment etc..).

Un français sondé peut donc très bien avoir le sentiment que la délinquance financière augmente avec la présomption d’abus d’autorité de Christine Lagarde mais aussi que la délinquance violente augmente avec la présomption d’harcèlement sexuel qui pèse sur Georges Tron.

Sémantiquement, ces deux cas précis de présomption de délinquance largement relayés par les médias peuvent contribuer à l’augmentation du sentiment général d’insécurité dont “LES” cités de France Soir ne sont pas les seules responsables.

L’armée dans les cités, une vision contrastée, pas une fin en soi

La deuxième question du sondage est assez révélatrice de la supercherie patriotico-sécuritaire faite de l’interprétation des résultats.

81% des sondés pensent que c’est à la police d’assurer la sécurité publique pas à l’armée, surtout 63% pensent que le recours à l’armée dans certains quartiers sensibles peut empirer la situation.

On est assez loin de la volonté de junte militaire birmane que voudrait nous imposer le-dit journal.

La sémantique change également, le sondage n’interroge pas sur “les cités” en général mais porte sur “certains quartiers de banlieue” ou “certains quartiers sensibles”.

En effet, 57% pensent que “le recours à l’armée est justifié compte tenu de l’insécurité existant dans certains quartiers”.

En analysant le sondage plus précisément on peut donc en avoir une autre lecture.

Les sondés pensent que la police doit assurer la sécurité, que le recours à l’armée est justifié dans certains quartiers mais ils doutent de l’efficacité d’une intervention militaires dans ces lieux sensibles.

Il faut aussi remettre l’enquête de l’IFOP dans son contexte, en effet les questions mettent en relation armée/cités/insécurité au moment où Stéphane Gatignon le maire de Sevran fait la une des médias en réclamant l’intervention de casques bleus pour résoudre la guerre du cannabis qui sévit dans sa ville. Ce sondage arrive au “bon moment” pour surfer sur le ressenti des sondés et faire gonfler les pourcentages du coté le plus sécuritaire.

Mais quand bien même la vision des français sur le sujet est très contrasté surtout elle concerne des cités très précises dont l’actualité se fait l’écho, comme celle de Sevran, et non pas “LES” cités en général.

Cette vision contrastée soulève beaucoup d’autres questions de fond comme une police de proximité permanente dans ces quartiers ou encore la dépénalisation et/ou légalisation du cannabis.

Ces questions méritent surement plus de débat et de sondages que celui sur une intervention militaire visant à traiter une situation ponctuelle mais ne répondant pas à la résolution du problème dans sa globalité.

Pas assez sensationnel mais pourtant beaucoup plus déontologique d’un point de vue journalistique et surement plus en accord avec l’attente des français, n’en déplaise à France Soir.

par Anthony Veyssiere

Mais que fait … la majorité

Le gouvernement actuel à la gâchette facile, la règle du « Un fait divers, une loi » est devenue la norme. Mais cette volonté de multiplier les effets d’annonces textes de loi, cache à mon avis d’autres maux bien plus embarrassants.

La loi en France ne sert plus à protéger les citoyens, mais à protéger les amis de monsieur le président et à rassurer ses partisans en multipliant les effets d’annonce.

Infantilisation vous dîtes.

Souvenez vous de vos premières années, plutôt que de vous punir après vous avoir vus jouer avec les prises électriques, vos parents ont probablement pris les devant en installant des cache-prises.

Rien de plus logique, pas facile à cet âge de savoir ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.

Mais notre gouvernement semble avoir décidé que ses sujets, mêmes majeurs et sains d’esprit ne sont toujours pas capables de cet effort intellectuel et s’obstine à créer semaine après semaine, des lois qui plutôt que de punir les contrevenants, les sanctionnent avant même qu’ils aient représenté un quelconque danger pour la république.

Il a par exemple, essayé d’instaurer un délit de négligence caractérisée. Quand bien même vous n’utiliseriez votre connexion internet que dans le seul but de venir me lire (c’est tout à votre honneur), ce gouvernement souhaiterais vous voir passible d’une contravention de négligence caractérisée si vous n’avez pas suffisamment protégé votre accès WIFI pour empêcher le petit voisin de se connecter à votre réseau. Peu importe que vous ne connaissiez rien au sujet, le mal est fait. La défense des lobbys de la propriété littéraire et artistique sur internet est à ce prix.

Le petit voisin ayant télécharger illégalement le dernier « Be wiz’U » lui sera tranquille, le coupable, c’est vous !

Les lois prétextes :

Non non la loi sur la dissimulation du visage n’était pas une loi anti-Burqa, surtout pas ! Pourtant, sachant qu’une loi anti-burqa serait forcément retoquée par le conseil constitutionnel et/ou la Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’UMP nous a sorti de son chapeau une loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

Les sorties médiatiques de l’UMP parlant du :

« respect des droits des femmes ».

M. Copé

n’avaient donc rien à voir avec la burqa…

Un des rédacteurs de la loi de rajouter :

« Nous avons décidé des peines légères, car ces femmes sont souvent victimes »

Tiens donc en France, en 2011, on punit les victimes et non les coupables… original !

Au cas ou les citoyens français n’auraient rien compris on nous précise que

« cette loi n’est pas faite pour protéger la société française de l’islamisme mais bien les femmes et leurs droits »

Faut-il comprendre ici que les femmes musulmanes avant cette loi n’étaient pas protégées du harcèlement que pouvait leur faire subir un mari violent ?

C’est aux maris harceleurs, violenteurs, menaçants et autoritaires que l’état DOIT s’attaquer, pas à leurs femmes.

Malheureusement les lois existent déjà, impossible donc de bénéficier de l’effet d’annonce si cher à la majorité.

Pourtant, en se donnant un peu plus les moyens de vaincre le fléau des violences faîtes aux femmes, il serait question ici d’une femme sur 10, pas des 400 femmes cachées sous une burqa ou un niqab en France…

La loi du buzz

Quand bien même la loi n’aurait aucune chance d’aboutir, hors de question de manquer une chance de faire parler de soi. MM. Sarkozy et Hortefeux sont maîtres en la matière. Leur chef-d’œuvre, la tentative d’instaurer une déchéance de nationalité pour les personnes « d’origine étrangère » coupables d’une agression sur un dépositaire de l’autorité publique. Peine pourquoi pas extensible :

« aux délits d’excision, de traite d’êtres humains ou d’actes de délinquance grave.»

Peu importe que des lois existent déjà pour punir toutes ces infractions, le risque de créer des apatrides, la supposé égalité devant la loi des citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. L’effet d’annonce avant tout !

Le train fou

Le train de ces idées, plus folles les unes que les autres s’accélère de jour en jour, on nous parle de punir le délit de regroupement pour les jeunes dans les cages d’escaliers, peu importe qu’il existe déjà le principe d’association de malfaiteurs et que ces gamins dans une cage d’escalier n’aient encore commis aucune infraction, l’effet d’annonce lui fonctionne à fond !

Une lois anti-ROMS, non ça ne passera pas, ça sera donc une loi (la LOPSI2) sur les habitats alternatifs afin de déloger plus facilement leurs campements. et cætera, et cætera…

STOP !

La loi doit redevenir toute affaire cessante, un instrument de défense des citoyens, et non l’instrument de propagande d’un parti politique et des lobbyistes.

Merci !

Billet publié par : John

Guéant : la stigmatisation au corps

par Anthony Veyssière

Claude Guéant, notre ministre de l’intérieur, plume de Nicolas Sarkozy et grand communicant devant l’éternel a sorti récemment sur Europe 1 plusieurs saillies sur l’échec scolaire des enfants d’immigrés en France.

Une de ces saillies mérite qu’on s’y attarde : «Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça. Le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés.»

Premièrement on aurait aimé que Mr.Guéant donne ses sources, la France interdisant les statistiques ethniques. Le rapport le plus récent qui parle d’enfants immigrés et d’éducation est le rapport PISA de l’OCDE.

(wikipedia) L’OCDE est une organisation internationale d’études économiques, dont les pays membres - des pays développés pour la plupart - ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d’assemblée consultative.

Sa devise est : “Pour une économie mondiale plus forte, plus saine, plus juste” (sic)

Revenons en à notre rapport, d’après Mr.Guéant : “2/3 des échecs scolaires c’est l’enfant des immigrés”. D’après l’OCDE, la France compte 13% d’élèves de familles immigrés, soit 87% d’élèves de famille autochtone, et le graphique ci-dessous montre le pourcentage d’élèves sous le niveau 2 de l’indice PISA selon s’il est autochtone ou immigré.

Le niveau 2 correspond, selon cette étude menée sur des enfants de 15 ans, au : “niveau à partir duquel les élèves commencent à démontrer qu’ils possèdent les compétences en compréhension de l’écrit qui leur permettront de participer à la vie de la société de manière efficace et productive”.

On peut donc le corréler à “l’échec scolaire” dont parle Mr.Guéant.

D’après ce graphique 18% des enfants d’autochtones et 38% des enfants d’immigrés sont sous le niveau 2.

Vu que je maitrise la règle de 3 et le calcul de pourcentages contrairement à certains de nos représentants (qui sont peut-être eux aussi sous le niveau 2 qui sait ?), voici un petit calcul :

La France compte (18% de 87%) 15.7% d’enfants de 15 ans issus de familles autochtones sous le niveau 2 et ((38% de 13%)/100) 4.9% d’enfants de 15 ans issus de familles immigrés sous le niveau 2.

Donc sur nos 20.6% de “sous-niveau 2” nous n’avons pas 2/3 mais plutôt 1/4 d’enfants d’immigrés.

Les 3/4 restants étant peuplés d’irréductibles gaulois chers à ce député UMP.

Encore une fois l’étude de l’OCDE n’est pas exhaustive et ne donne qu’un instantané de la situation actuelle de l’éducation pour ses pays membres mais il s’agit du seul indicateur plus ou moins crédible existant pour mettre en relation l’échec scolaire et l’immigration comme souhaite le faire Mr.Guéant.

De la stigmatisation pure et simple basée sur des faux chiffres… pourtant si notre ministre de l’intérieur dispose des “compétences en compréhension de l’écrit qui [lui] permettront de participer à la vie de la société de manière efficace et productive” il aurait pu lire les conclusions de ce rapport de l’OCDE prônant entre autre :

“Les politiques ciblées sur les performances peu élevées, indépendamment du milieu socio-économique des élèves, qu’elles visent les établissements peu performants ou les élèves peu performants en leur sein, selon la mesure dans laquelle les performances médiocres se concentrent ou non dans certains établissements.”

“Les politiques ciblées sur les enfants défavorisés, qu’il s’agisse de leur proposer des programmes de cours spécifiques ou de leur accorder une aide financière ou des moyens pédagogiques supplémentaires.”

D’après l’OCDE l’échec scolaire dépend avant tout des établissement dans lesquels ils étudient, du contexte socio-économique et de la qualité de l’enseignement dispensé dans ces lieux de scolarisation.

Supprimer des postes dans l’éducation nationale, livrer en pâture les enseignants fraîchement diplômés et non expérimentés dans ces zones difficiles, ne pas encourager la mixité sociale dans ces établissements voilà les problèmes soulignés par l’OCDE pour expliquer l’échec scolaire… bien avant l’immigration.

Mr.Guéant, il ne tient donc qu’à vous de passer au niveau 3.

NB : Ce rapport met également en lumière une idée reçue très ancrée à droite chez nos gaulois adeptes de la préférence nationale, en effet d’après l’OCDE et ses chiffres : “ces constats viennent contredire la thèse selon laquelle des taux élevés d’immigration se traduiront inéluctablement par un recul de la performance des systèmes d’éducation.”

Pas exactement la même chose…

J’ai encore eu l’occasion au cours d’un repas au restaurant ce midi, d’entendre, ce qui semble devenir une ritournelle d’avant présidentielles.

Je cite :

Si c’est Le Pen contre Sarko au deuxième tour, je n’irai pas voter. De toute façon, Le Pen ou Sarko c’est exactement la même chose.

— une inconnue parisienne, le 24 mai 2011, métro Gobelins

Le malaise de cette jeune femme semblait venir du fait que l’actuel président de la république ayant une politique qu’elle qualifiait d’extrême droite, le choix s’apparentait à un non choix, entre deux politiques identiques. Loin de moi l’idée de convaincre cette jeune personne de changer d’avis sur ce (non-)choix mais quelque chose me dérange.

Ma préférence politique allant vers la gauche (j’ai cru comprendre que la sienne aussi), je serai bien embêté pour défendre ici le candidat de l’UMP. Mais je tiens tout de même à préciser que non, ce n’est pas exactement la même chose.

J’en tiens pour preuve quelques déclarations de Marine Le Pen :

Sur l’Europe :

Le monstre européiste qui se construit à Bruxelles et qui par imposture sémantique se présente comme « l’Europe », n’est rien de moins qu’un conglomérat sous protectorat américain, l’antichambre d’un Etat total, global, mondial.

— Marine Le Pen, discours d’investiture au FN

Sur l’euro (ou le retour au franc) :

notre nation doit être prête à recouvrer l’intégralité de sa souveraineté monétaire

— Marine Le Pen, discours d’investiture au FN

Sur la peine de mort (et le trafic de drogue) :

Au pouvoir, le Front national éradiquera le trafic de drogue. Pour cela, il rétablira la peine de mort pour les trafiquants. Il demande qu’elle soit rétablie immédiatement…

— Marine Le Pen, dans un communiqué de presse du 20/11/2010

Je refuse de juger ici ces propositions électorales, je deviendrai probablement grossier. Libre à chacun d’adhérer ou non aux idées proposées par la présidente du Front National, mais force est de constater que ces propositions n’ont rien à voir avec celles de l’UMP.

Alors, si vraiment le cas d’un deuxième tour opposant le FN et l’UMP devait se présenter, fuyez faîtes ce que bon vous semble, mais par pitié si vous choisissez le vote blanc, nul, ou l’abstention, ne le justifiez pas par un

De toute façon, Le Pen ou Sarko c’est exactement la même chose.

Merci !

Billet publié par : John